Lac Blanc de Freydane

montagnes du haut vallon de Saint-Mury

La dépression du Lac Blanc correspond à la partie septentrionale du vallon de Freydane qui prend naissance du côté sud au pied de la muraille des Trois Pics de Belledonne. Ce vallon, qui se rétrécit en couloir en aval du glacier de Freydane actuel, porte les traces très claires de son ancienne occupation par une langue ancienne de ce glacier. Les moraines encore très fraîches qui y sont conservées (surtout la moraine latérale orientale) sont celles abandonnées par le retrait de ce glacier depuis le "Petit âge de glace" (1550 - 1820).

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Le vallon de Freydane et le Lac Blanc, vus du NE depuis la Pointe des Excellences.
Ø3P = accident limite occidental (chevauchement ?) de l'unité des Trois Pics de Belledonne; f.pL = faille coulissante du Pic Lamartine ; f.pC = faille extensive du Pic Couttet.

Ces moraines atteignent presque la dépression qu'occupe le Lac Blanc. Celle-ci est visiblement un ombilic de surcreusement* car les eaux du lac y sont retenues par un verrou rocheux qui affleure à sa rive nord. Celui-ci est en outre garni par une coiffe discontinue de matériel morainique, notamment à son point le plus bas, occupé par un groupe de laquets.

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Le Lac Blanc vu de l'est depuis le front morainique aval du vallon de Freydane.
Le verrou rocheux de la rive NE, coiffé de son enduit morainique, s'enfonce en rive NW sous l'éboulement descendu de la crête méridionale de la Grande Lance.
s1 = attitude des lits amphiboliques dans les gneiss bien lités ; f.pC = faille du Pic Couttet ; f.pL = faille de la Petite Lance

Il est remarquable que le lac est dépourvu de tout émissaire visible. Pourtant il est assez évident que ce sont ses eaux qui alimentent les sources du torrent du Vorz, qui draine plus bas la vallée de Saint-Mury. En effet celles-ci sont localisées peu en contrebas ouest du verrou,et y sont constituées par un alignement presque horizontal de trois puissants griffons qui sortent apparemment des rochers.

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Les sources du Vorz vues de la Pointe de la Sitre.
Elles apparaissent au point bas d'encoches entaillées dans le rocher par le torrent avant d'être comblées par l'éboulement descendu des pentes de droite, c'est-à-dire de la Grande Lance (voir cliché ci-dessus).

En fait les deux venues d'eaux les plus importantes se situent à la limite supérieure des affleurements gneissiques, plus précisément à deux endroits où celle-ci est entaillée par une encoche. Or au creux de ces entailles les gneiss sont recouverts par des alluvions meubles à gros blocs dont le matériel s'avère appartenir à un puissant éboulement qui tombé de l’ouest depuis la Grande Lance.
Ces observations montrent que si ces sources sont certainement alimentés par des fuites des eaux du lac le trajet des principales doit suivre d'anciennes gorges torrentielles qui ont sans doute été entaillées d'abord dans la moraine puis dans son soubassement rocheux. C'est ultérieurement que ces gorges ont été obturées par l'éboulement, ce qui - en dépit de l'imparfaite étanchéité de son matériel - a fait remonter le niveau du lac. Son niveau actuel est donc atteint par l'effet de cet éboulement relativement récent, qui est venu compenser un abaissement précédent, dû à l'entaille du verrou rocheux.

On trouvera plus de précisions sur ce lac et des informations sur les anciens projets d'aménagements hydrauliques conçus dans les années 1920 à la page du 19 juin 2020 du Blog "ZAC dans les Bois"

La dépression du Lac Blanc est creusée dans une épaisse succession de gneiss leptyno-amphiboliques, à litages souvent presque horizontaux, qui affleurent très largement jusqu'aux crêtes des deux versants du vallon. Ils forment le Grand Replomb, le Rocher de l'Homme, le cirque et le verrou du Lac Blanc ainsi que la Grande Lance de Domène, en rive sud de ce vallon.

Ces roches peuvent être considérées comme l'autochtone relatif sur lequel se serait avancée l'unité des amphibolites des Trois Pics, qui a été considérée par les auteurs de la carte Domène comme le prolongement de la nappe des ophiolites de Chamrousse.

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La rive droite du vallon supérieur de Saint-Mury (vallon de Freydane) vue de l'ouest, depuis la Pointe de la Sitre.
Noter la butte-témoin* de houiller de la Roche Noire, et le fait qu'elle repose sur le socle cristallin par une surface presque horizontale (soulignée de bleu) ; cette dernière est évidemment discordante* sur les bandes gneissiques et sur le contact avec les amphibolites du Grand Pic (contact souligné de vert).
On voit bien se superposer les gneiss leptyno-amphiboliques (dont les litages alternés clairs et sombres, ne sont pas visibles à pareille distance) sur les gneiss clairs riches en dérivés d'anciens plutons ; mcs = micaschistes à grenats du sommet de la succession "autochtone" leptyno-amphibolique ; f.pL = faille du Pic Lamartine (voir la page "Grand Pic").

Ces gneiss fortement amphiboliques reposent en contrebas (Le Preynet, Rafiodur) sur des gneiss plus clairs, leptynitiques qui forment la base normale de cet épais ensemble de roches qui est globalement rapporté au Dévono-Dinantien (voir la page "roches de Belledonne").

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La partie inférieure du vallon de Freydane, vue du sud-ouest, depuis le sommet de la Grande Lance de Domène.
f.rH = faille sénestre* du Rocher de l'Homme ; hr = chapeaux de houiller coiffant la crête de Roche Noire ; mcs = lame de micaschistes mylonitiques intercalée entre les gneiss leptyno-amphiboliques et les amphibolites du Ferrouillet ; Ø3P = accident limite occidental (chevauchement ?) de l'unité des Trois Pics de Belledonne (ce dernier passe au revers de la crête de Roche Noire et ne revient sur son versant ouest qu'au Pic Lamartine (voir la page "Grand Pic").

Sur les deux crêtes encadrant le vallon, que ce soit du côté ouest, à la Grande Lance de Domène (voir cliché en haut de page), ou du côté est, à la Roche Noire, cette succession de roches métamorphiques est coiffée par un chapeau peu épais de terrains houillers. Ces derniers reposent à faible pendage et presque en concordance de stratification sur la partie supérieure de leur soubassement leptyno-amphibolique, lequel se fait remarquer par le litage particulièrement accusé de ses épaisses alternances claires et sombres.

 


Ouvrage à consulter : ALLIGNOL F., BERTRAND J.M., GASQUET D. et RAVANEL L. (2011). Un aperçu de la géologie et de la géomorphologie autour du refuge Jean-Collet, Massif de Belledonne. - Comité scientifique du Club Alpin français.

Page d'introduction à la géologie de la chaîne de Belledonne au sens large.
aperçu d'ensemble sur le massif de Belledonne


Cartes géologiques au 1/50.000° à consulter : feuilles Domène et Vizille


Carte géologique simplifiée des crêtes entourant les pics de Belledonne

redessinée sur la base de la carte géologique d'ensemble des Alpes occidentales, du Léman à Digne, au 1/250.000°", par M. Gidon (1977), publication n° 074
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