L'Éperrimont, Le Pieu, Le Gua

abords sud-occidentaux de Vif

Aux abords occidentaux de Vif le rebord subalpin* présente la particularité de comporter, en contrebas de la corniche supérieure formée par le crêt urgonien du Vercors, une portion longue de 5km où la crête jurassique montre une anomalie dans la succession des couches. On y observe en effet, au dessus de la barre tithonique qui court du nord au sud depuis la montagne d'Uriol jusqu'au col de l'Arzelier, une nouvelle succession de couches du Jurassique supérieur : elle commence avec de l'Argovien et se termine par une barre tithonique supérieure qui arme, entre la latitude de Vif et celle de Prélenfrey, les deux sommets du Pieu (ou Bémont) et de l'Éperrimont.

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Le rebord subalpin à la latitude de Vif, vu du nord, d'avion, depuis l'aplomb de Varces - Pont-de-Claix
ØEp = chevauchement de l'Éperrimont : en hachures cernées de gris, son prolongement vers l'ouest, en tangence au dessus des abrupts orientaux de la crête du Roc Cornafion - Rochers du Gerbier.

Ce célèbre "redoublement" du Tithonique est dû au passage d'un chevauchement, dont la surface est presque horizontale (voire même légèrement plongeante vers l'ouest). On a considéré longtemps que ce chevauchement n'avait pas de rapports avec les autres du chaînon, car il s'enfonçait vers l'ouest en contrebas de ceux-ci, en affectant un niveau plus bas de la succession stratigraphique. On a depuis (M. Gidon, 1981) proposé qu'il représente le prolongement méridional vers le bas, au niveau du Jurassique, du chevauchement de Saint-Ange, en dépit du fait que le raccord avec ce dernier ne soit pas observable. Cette interprétation, ainsi formulée, est contredite par l'analyse plus précise de la géométrie de ces accidents notamment aux alentours de Saint-Paul-de-Varces.

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Le redoublement du Tithonique de l'Éperrimont
(partie septentrionale), vu d'avion, du sud

ØsA = chevauchement de Saint-Ange ; ØEp = chevauchement de l'Éperrimont.

sous cet angle on observe une coupe naturelle orthogonale aux structures : voir son interprétation sur la coupe ci-après (partie droite seule).

 

En effet sur la transversale de Saint-Paul de Varces, il s'avère que le chevauchement de Saint-Ange tranche obliquement à son axe (selon une direction presque E-W) le synclinal du Cornafion, qui était considéré comme son crochon.
D'autre part il faudrait que la surface du chevauchement de l'Éperrimont s'élève vers le nord depuis l'altitude d'environ 500 m (qui semble être celle où il aboutit à la hauteur des Mallets) à celle de 1270 à laquelle on observe celui de Saint-Ange au Pré du Four, soit avec une inclinaison N-S de plus de 700 m pour seulement 2,5 km des distance horizontale.
Ceci est contradictoire avec le fait que cette surface plonge plutôt vers le nord en ce dernier point et avec le fait que le dessin cartographique du chevauchement de l'Éperrimont lui confère également un faible pendage vers le NW : ceci aggrave la dénivellation entre les deux surface de chevauchement (laquelle peut d'ailleurs s'expliquer soit par une véritable indépendance soit par un décalage accompagné de pivotement induit par le jeu de la faille du Bacon)

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Le redoublement du Tithonique de l'Éperrimont (partie méridionale) vu du sud, depuis l'appui NE du viaduc autoroutier du Monestier de Clermont.
ØsA = chevauchement de Saint-Ange (sa surface traverse la crête et pend vers l'arrière, sous le Pic Saint-Michel et la portion de son tracé figurée ici correspond plutôt, en fait , à la faille du Bacon, qui le sectionne) ; ØEp = chevauchement de l'Éperrimont ; s.C = synclinal du Cornafion (crochon d'entraînement dû au chevauchement de l’Éperrimont).
La zone surchargée de pointillés correspond au secteur où la pente topographique est constituée par la surface structurale du chevauchement de l'Éperrimont, dénudée et à peine réentaillée par l'érosion. Elle débute dans les pentes des Rochers de l'Ours et se prolonge plus au sud jusqu'au Ranc des Agnelons (cf. cliché ci-après) ; cette surface est pratiquement orthogonale à celle du chevauchement des Saint-Ange.

En fait l'interprétation proposée en 1981 reste plausible dès lors qu'on la retouche en considérant que le chevauchement de l'Éperrimont est bien celui qui détermine le plan incliné du Ranc des Agnelons, mais qu'il est distinct de celui de Saint-Ange (lequel semble en fait le recouper ou s'y raccorder par une torsion azimutale marquée).


Coupe à travers la marge est du Vercors au nord de Prélenfrey
ØE = chevauchement de l'Éperrimont.
extrait de la planche des coupes sériées du chaînon (retouché).


Cette manière de voir, exprimée dans la coupe ci-dessus, suppose cependant que le raccord (invisible) entre les deux tronçons de chevauchement correspond à une zone d'inflexion synforme* de sa surface de chevauchement (car le pendage des deux tronçons de chevauchement est effectivement assez différent). Il ne semble pas que cela puisse être seulement attribué à une géométrie de rampe correspondant au sectionnement de la barre tithonique : on doit donc sans doute en conclure qu'elle est affectée là par une torsion synforme (envisagée pour ces raisons depuis 1981).

Le tracé du chevauchement dans le versant sud du sommet de l'Éperrimont lui même, dans les pentes qui en descendent vers Prélenfrey, semble d’ailleurs bien correspondre à une telle inflexion synforme de la surface de chevauchement (voir cliché ci-après).

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Les abords septentrionaux de Prélenfrey vus d'avion, depuis le sud-est.
ØsA = chevauchement de Saint-Ange ; f.rO = faille verticale des Rochers de l'Ours ; ØE = chevauchement de l'Éperrimont.
La neige souligne la dalle du Ranc des Agnelons, qui correspond sans doute à la tranche des couches urgoniennes rebroussées et sectionnées par ce chevauchement (voir la page "Col Vert").
Pour plus de détails sur les crêtes entre le col Vert et le col de l'Arc voir la page "Cornafion"

Presque en fond de vallée, peu au nord du village de Champrond (au sud de Vif), les alternances marno-calcaires de l'Argovien sont exploitées comme pierre à ciment. A la faveur de cette carrière on peut observer la flexion des couches par un pli synclinal fortement déversé vers l'ouest.

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La carrière de pierre à ciment de Champrond vue de l'est, depuis les environs du Croset (de l'appui nord du pont autoroutier de la A.51)
ØEp = surface de chevauchement de l'Éperrimont (son tracé est décalé par la perspective à la traversée de la gorge du torrent de l'Échaillon).
Les couches de l'Argovien dessinent un beau pli synclinal, ouvert vers la droite, dont l'axe est presque parallèle à la surface topographique (il rentre un peu dans la montagne, du nord vers le sud).
Voir au cliché précédent le cadre dans lequel se situe cette carrière

Il s'agit d'un repli secondaire dont la forme et la disposition suggèrent que cette charnière représenterait le crochon déterminé par une faille de chevauchement secondaire, satellite de celle de l'Éperrimont (?) mais située encore plus bas dans la succession des couches.

 



cartes géologiques au 1/50.000° à consulter : feuille Vif

Carte géologique très simplifiée du rebord oriental du Vercors à la latitude de Villard de Lans et de Vif
redessinée sur la base de la carte géologique d'ensemble des Alpes occidentales, du Léman à Digne, au 1/250.000°", par M. Gidon (1977), publication n° 074.
légende des couleurs

(Villard de Lans)

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