Lac de l'Ascension, montagne de l'Alpavin

au cœur de la partie septentrionale du massif de Peyre Haute

Le lac de l'Ascension et les lacs Escur occupent une petite partie du fond, presque plat, du haut vallon de l'Ascension. Ce dernier est cerné par les pentes d'éboulis qui garnissent le flanc des crêtes qui le ceinturent, depuis la Roche de la Moutière à l'ouest jusqu'au Pic du Haut Mouriare à l'est, en fermant ainsi un cirque assez spectaculaire.

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La partie orientale du cirque du lac de l'Ascension, vue du sud, depuis le Collet du Peyron (cliché original obligeamment communiqué par M. Luc Gidon)


Tous ces éboulis descendent de crêtes qui sont constituées par des marbres en plaquettes néocrétacés, ces derniers représentant la partie supérieure de la tranche de terrains constitutive de la nappe de Peyre Haute, tandis que les alpages des bords du lac reposent sur un entablement correspondant à la partie inférieure, jurassique et triasique de cette nappe.

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La partie septentrionale du cirque du lac de l'Ascension, vue du sud, depuis la crête sud du Peyron (point 2642).
u.rM = unité de Roche Motte (= de l'Ausselard) ; n.PH = nappe de Peyre Haute.


Au niveau des lacs l'érosion les a déblayé sur une épaisseur de plusieurs centaines de mètres, jusqu'à atteindre leur plancher de calcaires du Malm et du Dogger ; à l'emplacement du lac de l'Ascension proprement dit elle a même atteint les dolomies noriennes du soubassement de la succession stratigraphique de cette nappe.

Aux abords du lac de l'Ascension on trouve en outre, reposant sur les dolomies noriennes propres à la nappe de Peyre Haute, quelques dizaines de mètres de calcaires lités noirs du Lias inférieur, dont la présence est un trait stratigraphique encore plus typique de cette nappe.

En aval du lac de l'Ascension le torrent franchit un premier ressaut, peu important, qui correspond à une ébauche de verrou glaciaire et qui est formé par ces dolomies. C'est immédiatement au pied de ce ressaut que le thalweg franchit la surface de charriage de la nappe de Peyre Haute.

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d'après une image extraite de "google-earth"
Le cours moyen du Torrent de l'Ascension, en vue plongeante depuis le sud-ouest.
u.A = unité des Aiguillons ; u.Or = unité des Oriols ; f.O = faille des Oriols ; u.B = unité de la Bouchière ; u.rM = unité de Roche Motte (et de l'Ausselard) ; n.PH = nappe de Peyre Haute.
L'abaissement progressif de l'altitude de la surface de charriage de la nappe de Peyre Haute, depuis le NE à gauche (Pic du Bonhomme) vers le SW à droite (Crête de l'Aste), est bien perceptible. Elle s'accentue encore plus au sud, où cette surface est invisible dans le vallon de Bouchouse, car plus basse que le fond du vallon, et surtout vers le SW (au delà des limites de cette image) où elle s'abaisse jusqu' au niveau de la vallée de la Durance.


En effet il atteint alors un nouveau replat, sur lequel est construit le chalet de l'Ausselard, où l'on retrouve des marbres en plaquettes recouvrant des dalles calcaires du Malm. Mais ici les couches de cet âge reposent directement sur des dolomies et celles-ci sont d'âge Trias moyen : ces traits stratigraphiques indiquent que l'on est là dans une unité tectonique très différente, de type "briançonnais classique" et a priori plutôt proche de la nappe de Roche Charnière.
Cette unité de l'Ausselard est imbriquée sous la nappe de Peyre Haute car elle se poursuit, sur les deux flancs du vallon, par les abrupts inférieurs de la crête du Queyrelet du côté nord et de celle de l'Aste du côté sud, qui sont les uns et les autres dominés par des escarpements supérieurs formés par la nappe de Peyre Haute.
En fait il est clair que ces affleurements représentent le prolongement méridional de ceux de l'unité de Roche Motte, qui ont les mêmes caractères stratigraphiques et qui occupent la même situation sous la nappe de Peyre Haute, du côté opposé (nord-occidental) de la crête de la Moutière, dans les pentes des Oriols.

D'ailleurs les marbres en plaquettes de ces deux unités se poursuivent en continuité d'un versant à l'autre par le col 2402 de la crête des Queyrelets.

Plus bas dans le vallon, aux abords de la passerelle qui permet de changer de rive, le torrent montre de nouveau des marbres en plaquettes : ils appartiennent donc à une unité encore inférieure qui est mise au jour là à la faveur de la profondeur de l'entaille du thalweg. Ces marbres en plaquettes reposent en effet sur des calcaires du Trias moyen qui forment les rochers de rive est du Coumbal de la Bouchière : le fait qu'il n'y ait pas de Jurassique entre les deux donne à cette petite "unité de la Bouchière" des caractères stratigraphiques encore plus proches de ceux de la nappe de Roche Charnière.

Le chevauchement qui imbrique l'unité de la Bouchière sous celle de Roche Motte ne semble pas correspondre à un accident majeur car, sur les deux rives, il coupe en biseau le Trias et le Jurassique de la seconde de ces unités et se perd au sein de ses marbres en plaquettes : cela suggère une faille inverse déterminant une imbrication secondaire, au sein d'une même nappe.


Carte géologique simplifiée des montagnes des deux rives de la Durance à la latitude de l'Argentière
redessinée sur la base de la carte géologique d'ensemble des Alpes occidentales, du Léman à Digne, au 1/250.000°", par M.Gidon (1977), publication n° 074
catalogue des cartes locales de la section Briançonnais

voir la carte structurale du Briançonnais méridional.


Voir l'aperçu général sur la tectonique du Briançonnais et plus précisément celui sur les chaînons au sud-est de la Durance.
Voir aussi l'aperçu général sur la bordure orientale du Massif du Pelvoux
cartes géologiques au 1/50.000° à consulter : feuille Briançon

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