Grand Renaud (versant est)
le versant Romanche du chaînon du Rochail : hautes pentes de Villard Notre-Dame

La montagne du Grand Renaud, qui culmine au Pic du col d'Ornon, constitue l'extrémité nord-orientale des hautes crêtes du chaînon du Rochail, lesquelles dominent le débouché des gorges du Vénéon.

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La fermeture amont de la plaine de Bourg-d'Oisans et le débouché de la vallée du Vénéon, vus du NE depuis la rive opposée (route D. 211a, 3km au sud de L'Armentier).
ØcB = chevauchement de Côte Belle - Villard Notre-Dame (voir la page "Villard Notre-Dame")

Elle est constituée sur ce versant par un chapeau (sorte de grande "butte-témoin") long d'environ 3 km de terrains sédimentaires essentiellement jurassiques qui reposent sur le granite du pluton du Rochail. Au delà du Grand Renaud vers le nord il s'en détache, à l'est de la Combe du Grand Renaud, la crête de la Croix du Carrelet à l'extrémité septentrionale de laquelle se trouve Villard Reymond.

Ce sont les hautes pentes orientales de cette crête, qui dominent Villard Notre-Dame, avec les hauts ravins qui descendent du Pic du Col d'Ornon et du Rochail, qui font l'objet de la présente page.

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Le versant oriental du Grand Renaud, vu du NE depuis les Sures d'Auris-en-Oisans.
ØR = chevauchement (mineur) du Rochail ; f.J = faille (extensive) de la Jassirette ; ØPG = chevauchement de Pierre Grosse ; ØvND = chevauchement de Villard-Notre-Dame.



Coupe du versant oriental du Grand Renaud (pentes de Villard-Notre-Dame)
Ø1 = chevauchement de Pierre Grosse ; Ø2 = chevauchement de Côte Belle - Villard-Notre-Dame.


voir la carte structurale schématique du Grand Renaud - Rochail
voir la carte géologique simplifiée du Grand Renaud - Rochail

Le sommet le plus méridional de ce chapeau sédimentaire est le Pic du Col dOrnon, dont la structure est très simple, similaire à celle du Grand Renaud, son jumeau plus septentrional, c'est-à-dire comportant un cône sommital de calcaires plaquetés d'âge crétacé inférieur soutenu par un abrupt tithonique de quelques dizaines de mètres.

Mais le versant est de ce sommet se fait remarquer par une répétition de la barre des calcaires du Petit Renaud qui s'y imbrique avec les niveaux les plus élevés du Lias inférieur (qu'ils recouvent stratigraphiquement en discordance).


Le revers oriental du Pic du Col d'Ornon, dominant les alpages de Jassirette, vu depuis la selle d'altitude 2500 au dessus de Côte Dure.


Croquis d'interprétation de la photo ci-dessus (figure extraite de la publication n° 105, par J.C. Barféty et M. Gidon)
Sous la barre du Tithonique on voit se développer des plis souples et de multiples chevauchements, souvent parallèles aux couches (en "paliers"). Il en résulte des intrications des calcaires du Petit Renaud dans le Lias calcaire (sur lequel ils reposent stratigraphiquement).Les plis, fortement déversés vers le Nord, sont très dysharmoniques et s'associent à des chevauchements qui prennent naissance par glissement couche sur couche dans leur flanc supérieur. Ainsi se trouvent pincées plusieurs lames superposées de calcaires nodulo- encrinitiques du Petit Renaud auxquelles sont associées un peu de Terres Noires. Ici les calcaires reposent sur des niveaux plus anciens que le Carixien (bancs rouille du Lotharingien supérieur), mais le Lias calcaire reste néanmoins épais.


On observe là les effets d'un cisaillement sub-horizontal, à vergence ouest, qui affecte la partie haute de la pile de couches recouvrant le bloc cristallin du Rochail

D'autre part on observe plus bas dans le versant sud-oriental que, sous l'épaisse succession de couches du Lias calcaire, la surface de la pénéplaine anté-triasique est abaissée d'une centaine de mètres du côté sud du ravin septentrional de Jassirette. Cette faille de Jassirette ne se prolonge pourtant pas vers le haut, au dessus du niveau de la surface de la pénéplaine anté-triasique de sa lèvre nord, ce qui a pour effet que la succession liasique est plus épaisse du côté sud que du côté nord : il s'agit donc d'une faille syn-sédimentaire bien caractérisée, cachetée dès le Lias inférieur et qui n'a donc fonctionné que durant ce relativement bref laps de temps.

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Le versant oriental du Pic du Col d'Ornon, vu du sud depuis le refuge communal des Sources (cliché original obligeamment communiqué par M. CL. Mauguier).
cpR = calcaires bréchiques du Petit Renaud ; f.J = faille de Jassirette.
Les deux lignes de tirets repères dessinées au sein du Lias inférieur calcaire montrent qu'il n'y a pas d'indice que ses couches soient par affectées par la faille.
La partie supérieur du Lias supporte des bancs de calcaires brèchiques qui sont imbriqués par un cisaillement presque parallèle aux couches.

Le versant oriental du sommet du Grand Renaud montre des traces similaires de ce cisaillement sous forme de failles inverses redoublant localement la barre tithonique.

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Le versant sud-est du sommet du Grand Renaud (détail), vu de la crête oriental du pic du col d'Ornon.
La barre tithonique est localement affectée par des chevauchements mineurs (à flèche décamétrique). Leur coupe naturelle met bien en évidence une géométrie de la surface de cassure qui décrit une succession de
paliers et de rampes, avec des crochons dans les secteurs de rampes : on voit bien que la rupture oblique des couches, en rampe, concerne les roches les plus massives (ici le gros banc du Tithonique) dont les bancs réagissent au cisaillement en se cassant (tandis que les niveaux plus lités acceptent une déformation plus "continue" par glissement couches sur couches).
Dans le cas de l'accident Ø2 le déplacement par chevauchement est seulement amorçé, alors qu'un crochon est déjà bien dessiné : cela suggère que la rupture des couches s'est produite après le début de formation d'un pli aux dépens du flanc déversé vers la droite de ce dernier.

Plus au nord la crête de la Croix de la Garde, qui court jusqu'à la Croix du Carrelet, a une structure complexe, surtout si on prend en compte ce qu'en montrent les ravins qui entaillent profondément son versant nord-est (ravin de la Pisse) et ceux de la face nord du Grand Renaud (voir la page "Grand Renaud NW" et, pour plus de détails, consulter la publication105).

Sur son versant est on y voit surtout aboutir les cassures chevauchantes qui affectent le socle cristallin au sud de Villard Notre-Dame : celles-ci viennent s'y perdre au sein de la couverture jurassique, qui y est affectée par un fort plissement.

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Le versant nord-est du Grand-Renaud (ravin de la Pisse) vu du nord, depuis la crête sud de la Croix du Carrelet.
Ces pentes, intensément ravinées par les affluents du torrent de la Pisse, descendent vers Villard-Notre-Dame. Elles sont traversées par le chevauchement de Pierre Grosse (ØPG), dirigé vers le nord-ouest, qui se poursuit plus à l'ouest (à droite des limites du cliché) dans les pentes de la combe du Petit-Renaud.
L'interprétation de cette photo est donnée par la moité gauche de la coupe ci-après.

Au sein de cette couverture on remarque toujours, comme plus au sud, la lacune des faciès "normaux" argilo-calcaires du Dogger (présents plus au NW dans le synclinal de Villard Reymond) qui sont remplacés par les faciès de calcaires noduleux "du Petit Renaud".

(figure extraite de la publication n° 105, par J.C. Barféty et M. Gidon)

Légende des terrains:
1 = Cristallin;
2 = Trias (2a = dolomies et grès basaux; 2b = spilites);
3 = Lias calcaire (le double tireté correspond au niveau rouille du Lotharingien supérieur);
4 = Calcaires noduleux et encrinitiques du Petit Renaud;
5 = Dogger argilo-calcaire;
6 = Terres Noires (Bajocien supérieur à Oxfordien, "Argovien" inclus);
7 = Calcaires du Malm supérieur (Séquanien-Tithonique);
8 = Berriasien;
9 = Valanginien;
10 = Quaternaire.

 

Légende des notations tectoniques:

SVR = synclinal de Villard-Reymond; A = anticlinal du clot de la Selle; Fo = faille oxfordienne du versant NE du Grand Renaud; CPG = chevauchement de Pierre Grosse; CC = chevauchement de la Chave; CR = chevauchement du Rochail; FLV = failles du lac du Vallon.
figure agrandissable

Carte géologique de la montagne du Grand Renaud
Les faciès argilo-calcaires du Dogger qui affleurent dans la partie nord du synclinal de Villard-Reymond disparaissent de la colonne stratigraphique au sud-est de l'anticlinal du Clot de la selle (A). Au SE de la charnière liasique de ce pli on ne trouve plus, sous les Terres Noires, que des faciès nodulo-encrinitiques de la formation du Petit Renaud.
Noter que le tracé de la faille du lac du Vallon se perd vers le nord à la latitude du Petit Renaud : plus au nord elle s'amortit apparemment dans le flanc ouest du synclinal de Villard-Reymond, au niveau duquel elle est vraisemblablement cachetée par les calcaires du Petit Renaud.

 


cartes géologiques à 1/50.000° (*) à consulter : feuille La Mure, Vizille


Pour plus de détails consulter la publication105
Aperçu d'ensemble sur le chaînon du Rochail
Géométries stratigraphiques particulières dans le chaînon du Rochail

Grand Renaud N

Villard Reymond

Villard Notre-Dame
Grand Renaud-ouest

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