Lac Blanc, col de Chavière (versant nord)
partie la plus méridionale du vallon du Doron de Chavière

Le tracé du cours tout-à-fait amont du Doron de Chavière, qui prend sa source dans le versant nord du col de ce nom, suit approximativement le système de cassures de la cicatrice de Chavière, qui constitue la frontière entre les deux domaines de la Vanoise orientale et occidentale, ce dernier hébergeant le Lac Blanc, à proximité sud duquel est construit le refuge de Polset.

Le Lac Blanc lui-même est logé au creux d'un petit cirque que dominent, du côté sud, les contreforts du groupe montagneux de Polset. La surface du lac a été considérablement rétrécie au cours des ans par l'avancée des cônes de déjections construits par les torrents qui l'alimentent (ils descendent de la branche orientale du glacier de Gébroulaz). Du côté nord la dépression du lac est fermée par l'extrémité méridionale du chaînon du Petit Mont-Blanc (voir la page "Mont Coua").
image sensible au survol et au clic

Le lac Blanc et le vallon supérieur du Doron de Chavière vus du nord-ouest depuis le col du Grand Infernet
Le lac actuel ne représente plus qu'un étroit croissant, à la marge sud du lac originel, désormais rempli aux deux tiers par les déjections torrentielles étalées en patte d'oie. Le symbole de pendage souligne le fait que les calcaires triasiques (disposés à l'envers) s'enfoncent sous les couches du Houiller ; "tC+tk" désigne la zone de glissement de cargneules du versant nord du col (cliché en fin de page).
c.C = cicatrice de Chavière (faille principale) ; on a figuré par des symboles de demi-charnière l'enroulement anticlinal des couches de la Vanoise orientale, qui plongent de plus en plus vers l'ouest, pour s'engager sous la surface de la cicatrice de Chavière.
Concernant l'arrière-plan voir la page "Pointe de l'Échelle".

Le lac se situe exactement à cheval sur la limite entre les affleurements houillers des pentes supérieures et les calcaires et dolomies triasiques qui constituent les abrupts qui tombent sur le vallon de Chavière. Ces couches forment un verrou en amont duquel le lac remplit une cavité de surcreusement aménagée par la langue orientale du glacier de Gébroulaz, lorsqu'elle atteignait ce point (à la fin du XIXe siècle).

image sensible au survol et au clic

Le site du Refuge Péclet-Polset vu du SE.(cliché original obligeamment communiqué par M. M. Delamette)
gnS = gneiss du Sapey ; tci = calcaires vermiculés de l'Anisien inférieur ; tcA = calcaires anisiens.
Le point coté 2533 est le sommet de la dalle structurale de la base du Trias calcaire (en position renversée), supportant le houiller qui affleure en arrière de l'échine portant le refuge et dans lequel est creusé le Lac Blanc.

Les abrupts qui dominent le col et le vallon du côté ouest sont essentiellement constitués par les roches du soubassement de la Vanoise occidentale, c'est-à-dire par des grès et schistes argileux du Houiller. Dans l'ensemble ces couches sont disposées en série renversée, car on se trouve là au bord est de l'éventail de plis de la Vanoise occidentale. C'est pourquoi l'on voit apparaître à la base des falaises du versant est de la montagne leur couverture stratigraphique de grès et pélites du Permien puis de carbonates triasiques (calcaires, puis dolomies).

image sensible au survol et au clic

Le haut vallon du Doron de Chavière et les crêtes de Péclet-Polset vus du nord-est, depuis le sommet de la Pointe de l'Observatoire.
f.G faille de Gébroulaz : ØC = chevauchement de Chavière ; a.rN = anticlinal du ruisseau Noir; s.P = synclinal de l'Aiguille de Polset ; c.C = cicatrice de Chavière (faille principale).


même fenêtre
< image plus grande> nouvelle fenêtre
Coupe schématique sur la transversale du col de Chavière.
f.G faille de Gébroulaz : ØC = chevauchement de Chavière ; s.P = synclinal de l'Aiguille de Polset ; a.EN = anticlinal des Eaux Noires (= anticlinal du ruisseau Noir au sud du col de Chavière) ; u.LB = unité du Lac Blanc ; c.C = cicatrice de Chavière (faille principale).
N.B. : certains auteurs considèrent que le contact des gneiss du Sapey ("gnS") sur les grès et conglomérats permo-houillers ("hrP") est tectonique par charriage.

En fait la succession des couches y est affectée d'un redoublement : celui-ci est dû à un "chevauchement de Chavière", maintenant renversé avec l'ensemble des couches : il amenait originellement le houiller de l'unité du Lac Blanc (maintenant inférieure) sur les gneiss de l'unité du Sapey de l'Aiguille de Polset.
Deux plis s'observent également dans cette succession : l'anticlinal du Ruisseau Noir (qui se prolonge au nord par celui des Eaux Noires) et le synclinal de l'Aiguille de Polset : ils représentent sans doute les deux crochons de ce chevauchement.
Ce dispositif témoigne d'une déformation par imbrications à vergence W-SW, antérieure au rétro-déversement de la zone houillère. Il évoque très fortement le système analogue que l'on observe au sud de l'Arc, également à la marge est de la zone houillère, dans le massif des Sarrasins (voir le schéma interprétatif de la page "Sarrasins").


image sensible au survol et au clic

Les pentes dominant le Lac Blanc et le cirque supérieur du glacier de Gébroulaz (état en 1994), vus du nord depuis le col du Grand Infernet (suite vers la droite des affleurements d'extrème droite du cliché précédent).
ØC = chevauchement de Chavière ; f.G = faille de Gébroulaz ; hrP = grès et conglomérats permo-houillers ; gnSf = gneiss du Sapey à grain fin ; gnSo = gneiss du Sapey à faciès oeillé.
Les gypses de premier plan droit sont ceux qui forment en totalité le Roc du Soufre.
Les gneiss à grain fin qui ceinturent à leur base les affleurements houillers de la pointe de Polset sont des mylonites qui jalonnent sans doute l'ancien chevauchement de l'unité du Sapey, maintenant renversé). Les affleurements de quartzites et de Verrucano de la langue orientale du glacier (au dessus du lac 2137) se terminent sans doute par effilement vers le sud sous le glacier (les jeunes actuels en sauront plus dans quelques dizaines d'années, après la fonte de ce dernier)

Au sud de la latitude du lac le tracé de la cicatrice de Chavière passe en rive gauche du Doron de Chavière. Il est jalonné par un chapelet d'affleurements de cargneules que l'on voit affleurer assez largement dans les dernières pentes du versant nord du col de Chavière : elles y donnent un paysage chaotique car criblé d'entonnoirs de dissolution. Mais la bande de cargneules de cette cicatrice franchit la crête au collet 2885 à l'est de ce col (voir la page "Chavière").
image sensible au survol et au clic

Les pentes terminales du versant nord du col de Chavière vues du col.
Les cargneules (et les éboulis qui tendent à les recouvrir) ont subi un glissement vers le bas du versant : cela leur a fait contourner et entourer les pointements rocheux stables (tel le point coté 2717) formés de calcaires triasiques prolongeant ceux du soubassement du Lac Blanc. Certains entonnoirs hébergent encore de l'eau provenant de la fonte des névés (bien que le cliché ait été pris en août).
c.C = cicatrivce de Chavière ; s0 = pendage des dalles structurales.

ouvrage à consulter :
Col de Chavière : anatomie d'un grand contact tectonique
, par Jean-Michel Bertrand et Ch. Le Roy (fascicule gratuitement téléchargeable sur le site du Club alpin Français)


aperçu général sur la Vanoise


cartes géologiques au 1/50.000° à consulter : feuille Modane

Carte géologique simplifiée des abords du Lac Blanc

redessinée sur la base de la carte géologique d'ensemble des Alpes occidentales, du Léman à Digne, au 1/250.000°", par M.Gidon (1977), publication n° 074
plus au nord ;
plus à l'ouest < cartes voisines > plus à l'est
plus au sud
Autre découpage de la même carte, par coupures moins agrandies et couvrant des secteurs plus larges.

Mont Coua

Eaux Noires

Génépy
Les Ménuires

LOCALITÉS VOISINES

Fond d' Aussois

Péclet Polset

versant sud du col de Chavière

Pointe de l'Échelle
N.B. Les localités entre parenthèses appartiennent à une autre section du site et leur page s'ouvrira avec l'en-tête correspondant à cette dernière..

accueil section Vanoise

début de la page

sommaire de GEOL_ALP

Aller à la page d'accueil du site
Dernières retouches apportées à cette page le 29/04/19