Le Beaufortain oriental

Aperçu d'ensemble

  colonnes stratigraphiques du Beaufortain oriental

1/ Grandes lignes structurales :

Le Beaufortain oriental est formé presque uniquement de roches sédimentaires (à l'exception de rares affleurements, tels les micaschistes de Hautecour et les ophiolites du Versoyen).

Cet ensemble est affecté de charriages qui lui donnent une structure imbriquée et dont l'importance de la flèche de déplacement croît d'ouest en est.


Coupe du Beaufortain oriental à l'est d'Arêches (d'après la notice de la carte au 1/50.000° Bourg-Saint-Maurice, présentation fortement retouchée)
js = Jurassique supérieur de l'Unité de Roselend ; jm = Jurassique moyen de l'Unité de la crête des Gittes ; tG = surfaces tectoniques jalonnées de trias gypsifère ; Tr = Trias carbonaté de la zone valaisanne ; j = Lias et Dogger de la zone valaisanne ; cgl = conglomérats de base du flysch de Tarentaise ; flT = flysch de Tarentaise ; hr = grès et schistes houillers.
voir la carte structurale du Beaufortain et de ses alentours, également extraite de la notice de la carte au 1/50.000° Bourg-Saint-Maurice


- ses unités les plus occidentales (unités de Roselend et de la Crête des Gittes) sont considèrées comme parautochtones*, c'est-à-dire détachées par des chevauchements dont la flèche est seulement modeste : cette estimation d'une faible allochtonie découle des fortes ressemblances de leur succession stratigraphique avec celle de la couverture directe des massifs cristallins externes.

- une bande intermédiaire, constituée par des unités franchement charriées, notamment celle du Quermoz, que leur richesse en conglomérats avait fait rattacher à l'ancienne "zone des brèches de Tarentaise". Elle est maintenant rattachée à la zone ultradauphinoise car on y retrouve des caractères connus dans le domaine ainsi nommé en Maurienne et plus au sud : présence du Nummulitique, représenté par des grès et conglomérats, et discordance de celui-ci sur un substratum érodé plus ou moins profondément suite à une déformation tectonique antérieure à son dépôt.

image sensible au survol et au clic

Le versant Tarentaise du Beaufortain oriental : vue d'ensemble, du sud-est, depuis Crêt-Voland (vallée des Belleville).
s.Cr = socle cristallin (chaînon du Grand Mont et boutonnière de Hautecour) ; ØuD = chevauchement des unités ultradauphinoises (ici de la seule unité du Quermoz) ; d.Pr = décrochement du Pradier ; a.H = anticlinal de Hautecour ; f.J = faille de Janatan ; u.Mi = unité de Moûtiers interne ; f.Ch = faille des Chapieux (limite occidentale de l'unité du Roignais) ; d.rT = décrochement de la Roche à Thomas.


- les unités les plus orientales sont rattachées à la zone valaisanne de Suisse parce qu'elles sont caractérisées par la présence d'un flysch néocrétacé. C'est en raison de l'abondance des faciès bréchiques de la base de cette formation et dans différentes unités qu'on les a longtemps rangées dans la "zone des brèches de Tarentaise". Elles ont par ailleurs des successions stratigraphiques de plus en plus différentes de celles de l'autochtone, présentant même des parentés avec la zone interne briançonnaise ; c'est notamment sur cette base que cet ensemble est subdivisé en plusieurs unités élémentaires.

Carte structurale schématique de la moyenne Tarentaise

La faille de la moyenne Tarentaise (f.m.T) est représentée par le trait bleu

Partie ultradauphinoise de la zone des brèches de Tarentaise (en beige) : u.N = unité du Niélard ; u.cT = unité de Créve Tête ; u.Q = unité du Quermoz (y inclus les unités du Cormet d'Arèches et de La Bagnaz) ;

Partie valaisane de la zone des brèches de Tarentaise (en brun) : u.M = unité de Moutiers ; u.R = unité du Roignais ; u.V = unité du Versoyen.

Zone subbriançonnaise (en jaune) : u.gM = unité de la Grande Moendaz ; u.SB = unité du Petit Saint-Bernard ; u.S = unité de Salins ; u.RE = unité du Roc de l'Enfer ;

z.HB (en orangé) = zone houillère briançonnaise
en rose, le domaine de la Vanoise orientale, à socle de paléozoïque métamorphique et en beige, les unités de schistes lustrés.

(légende des couleurs comme pour le schéma structural des Alpes, sauf pour le détail des unités valaisanes).

Les limites de toutes ces unités coupent obliquement cette bande structurale du Beaufortin interne et en outre se terminent à tour de rôle, pratiquement le long de la vallée de l'Isère en amont de Moûtiers : elles y sont tranchées par un accident tectonique, qualifié de faille de la Moyenne Tarentaise, qui les fait buter contre des terrains houillers (voir la page spéciale).

image sensible au survol et au clic

Le Beaufortain oriental : vue d'ensemble, d'enfilade du sud, depuis Longecha (arête nord de Crève Tête, au sud de Moutiers).
ØG = surface de chevauchement (?) de l'Unité de la crête des Gittes (voir la remarque ci-après) ; ØcA = surface de chevauchement de l'Unité du Cormet d'Arêches ; ØB = surface de chevauchement de l'Unité de la Bagnaz ; ØQ = surface de chevauchement de l'Unité du Quermoz ; ØM = surface de chevauchement de l'Unité de Moûtiers ; ØR = surface de chevauchement de l'Unité du Roignais ; ØrE = surface de chevauchement de l'Unité du Roc d'Enfer ; ØzG = surface de chevauchement de la "zone des gypses" ; ØhB = surface de chevauchement de la nappe du Houiller briançonnais ; f.mT = faille de la moyenne Tarentaise.

 

2/ Analyse plus détaillée :

L'analyse des unités charriées du Beaufortain oriental s'avère complexe, notamment par la multiplicité des variations de successions stratigraphiques qui les caractérisent et par le fait qu'elles se prolongent que partiellement du nord au sud :

1 - Les unités "parautochtones", à affinités dauphinoises (donc relativement peu déplacées) ont une succession en prédominance argileuse, où les schistes argileux de l'Aalénien et les marnes des Terres Noires occupent une grande place. Ceci aboutit à un relief souvent mou avec de simples ressauts correspondant aux barres calcaires du Jurassique terminal ; on y note la présence de calcaires nummulitiques reposant directement sur le Crétacé inférieur ou sur le Jurassique (ce qui est un caractère ultradauphinois) : ce sont les unités de Roselend (particulièrement riche en Terres Noires) et de la crête des Gittes (particulièrement riche en schistes argileux de l'Aalénien).

Remarques relatives à la distinction de ces deux unites :
La raison principale pour laquelle on a distingué ces deux unités est la présence le long de leur limite, au nord du Cormet de Roselend, d'un chapelet d'affleurements de schistes cristallins, lequel a été considéré comme constituant la semelle tectonique de l'unité des Gittes, charriée sur celle de Roselend..
En fait divers arguments me portent à ne pas souscrire à cette manière de voir :
1 - L'examen de ceux de ces affleurements que j'ai visités (voir localisation à la page "Gittes") porte plutôt à les interpréter comme des olistolites. En effet je n'ai observé aucun contact net entre le matériel cristallin et les schistes aaléniens encaissants. Au contraire on trouve, aux alentours des blocs de plus grande taille, des fragments de schistes cristallins de taille décimétrique englobés dans les schistes aaléniens : ce sont là des caractéristiques qui font plus penser à des intercalations sédimentaires qu'à une lame tectonique (on imagine mal d'ailleurs que du cristallin ait pu être arraché en copeaux par l'avancée d'une masse de matériau aussi aisément déformable que les schistes aaléniens).
2 - Ces affleurements cristallins se situent entre les schistes aaléniens et des couches qui sont, selon le cas, attribuées aux Terres Noires (le plus souvent) ou au Callovien (dans le cas de la crête des Gittes) sans qu'il y ait la moindre indication d'une inversion de la polarité stratigraphique de part et d'autre (cette polarité est d'ailleurs, dans la majorité des cas, celle d'une série renversée). Le niveau où on les rencontre peut donc ne correspondre qu'à une simple lacune sédimentaire du Bajocien, dans une succession purement stratigraphique.
De fait ce niveau est occasionnellement souligné, à la place des lentilles de cristallin, par d'autres intercalations lenticulaires qui sont constituées soit d'alternances marno-calcaires du Bajocien soit de calcaires spatiques et/ou de microbrèchiques dont l'âge est mal déterminé*1.
3 - Enfin, en rive droite de la Basse Tarentaise (au nord de Naves) les levers cartographiques de la feuille Bourg-Saint-Maurice (dûs à J.C. Barféty) montrent que la surface limite entre ces deux unités passe effectivement vers le sud à un simple contact stratigraphique. Ceci s'observe au sud de la Pointe de Riondet, où le tracé attribué au chevauchement fait place de façon transitionnelle à un niveau continu d'alternances marno-calcaires du Bajocien. Ce dernier niveau, retrouvant ainsi sa puissance habituelle, complète alors la succession du flanc inverse d'un grand "synclinal du Roc Marchand" (page "Naves"), à coeur de Tithonique, dont on suit le prolongement jusqu'en Maurienne (page "Avanchers") : à cette latitude plus rien ne justifie que l'on partage cette succession en deux "unités" .

En définitive les deux unités de Roselend et de la Crête des Gittes ne sont donc probablement pas deux entités tectoniques distinctes, l'unité des Gittes représentant simplement le flanc oriental, renversé, du synclinal du Roc Marchand, dont le flanc ouest et le coeur de Tithonique et de Crétacé inférieur constituent, quant à eux, l'unité de Roselend.

Un trait remarquable de ce synclinorium de Naves est la grande dissymétrie de constitution stratigraphique entre ses deux flancs (voir aussi la page "Avanchers"). En effet, alors que dans son flanc oriental la formation des schistes aaléniens est très épaisse, elle est le plus souvent absente dans son flanc ouest, où le Bajocien repose sur un Lias calcaire également réduit - voire directement sur le Trias ou même sur le socle cristallin**2.
Cette dissymétrie s'explique de façon satisfaisante si l'on considère que ce pli a dû se former par fermeture d'un ancien hémigraben, sous l'effet des serrages tectoniques ultérieurs. En effet la différence entre son flanc ouest et son flanc est s'accorde bien avec la géométrie sédimentaire que l'on peut attendre du remplissage d'un tel fossé sédimentaire : du côté ouest on est dans un domaine où les couches s'appuyaient en onlap contre la faille extensive qui limitait le bloc de Belledonne orientale (faille de la Louze, cf. pages Riondet et Grand Mont), tandis que plus à l'est, en s'éloignant de la paléofaille, on gagne la partie la plus creuse de l'hémigraben, où la sédimentation a été nécessairement la plus épaisse.
Dans un tel contexte les émissions d'olistolites et de crachées détritiques qui semblent marquer le passage Aalénien-Bajocien dans l'"unité des Gittes" s'expliquent sans doute comme de simples témoignages d'une saccade d'activité de la paléo-cassure à cette époque.


*1 Ces niveaux détritiques ont été attribués au Sinémurien sur la foi d'une ancienne trouvaille paléontologique isolée ; mais les conditions de récolte de cette pièce sont mal connues et ses conditions de gisement, au sein de niveaux aussi détritiques, autorisent à tout le moins l'hypothèse d'un remaniement de ce fossile. Il faut noter enfin que ces couches forment des lames qui se répétent à divers niveaux dans les schistes aaléniens, au même titre que les lames de calcaires bajociens (aux quelles elles sont d'ailleurs associées par places). Ces diverses considérations portent à envisager que ces couches soient en fait des crachées bioclastiques d'âge jurassique moyen, dont la présence serait éventuellement asociée à la réduction que manifestent ici les calcaires bajociens.

**2 parfois par l'intermédiaire de copeaux de socle cristallin ou de Trias : ce contact a interprété, notamment au col de la Louze, comme une surface de chevauchement à la base de l'unité de Roselend ; mais il pourrait ne correspondre, là encore, qu'à un chapelet d'olistolites...

2 - Les unités allochtones intermédiaires, de la partie occidentale de l'ancienne "zone des brèches de Tarentaise" ont, la différence des précédentes, une succession très pauvre en schistes jurassiques. On tend à les rattacher à la zone ultradauphinoise en raison de la présence, dans plusieurs de ces unités, de séries gréso-conglomératiques attribuables (au moins partiellement et sans datation formelle) au Nummulitique. Mais leur succession varie d'une unité à l'autre ; elle comporte, selon le cas :

- du Jurassique calcaire reposant stratigraphiquement sur du Permien volcano-détritique à faciès briançonnais (schistes violacés) et le remaniant ("Permien reconstitué") : cette dénudation du Permo-houiller évoque celle que l'on observe sous le flysch ultradauphinois en rive droite de la Maurienne (Mont du Fût). Ce caractère est partagé par l'unité du Cormet d'Arèches (qui affleure en une bande étroite au nord et au sud de ce col) et par l'unité de Crève-Tête, au sud des gorges de l'Isère à l'ouest de Moutiers ("Échelles d'Hannibal"). La succession de cette dernière se complète par une épaisse formation grèso-conglomératique dont l'âge est mal déterminé (Crétacé ou Nummulitique ?) ;

- du Lias calcaire reposant sur des dolomies triasiques (en prédominance noriennes) dans l'unité de la Bagnaz (cette unité, à série très particulière, ne représente qu'une écaille d'épaisseur et d'extension très limitées) ;

-- des brèches envahissant les schistes du Jurassique moyen dans l'unité du Quermoz. Dans cette unité, particulièrement épaisse aux abords nord-ouest de Moûtiers, la série est en outre couronnée par deux formations détritiques l'une attribuée au Crétacé, l'autre au Nummulitique (ce qui justifie son assimilation au domaine ultra-dauphinois), séparées par un niveau de conglomérats.


3 - Les unités valaisanes, de la partie orientale de l'ancienne "zone des brèches de Tarentaise", sont caractérisées par la présence d'un flysch calcaire dit "flysch de Tarentaise". Cette formation, d'âge Crétacé supérieur, repose sur un niveau basal de conglomérats, souvent puissants de plus de 100 m, qui forme beaucoup d'arêtes rocheuses, notamment celle de la Pierra Menta.

Cette formation conglomératique résulte d'éboulements qui se sont produits à partir d'escarpements sous-marins créés par les premiers mouvements de rapprochement des deux bords de l'océan qui occupait alors l'emplacement des Alpes. La diversité d'origine des éléments formant ce béton naturel,, depuis les quartzites blancs jusqu'aux calcaires gris du Lias en passant par les dolomites triasiques jaunes orangées ou brunes, lui confère souvent un aspect de mosaique (voir la page "Roches de la section Mont-Blanc").
Ces niveaux sont notés "flcg = flG : conglomérats à gros blocs à la base du flysch" ; ils recouvrent des terrains "anté-flysch" de nature très variable (voir plus loin).
Au dessus des conglomérats on trouve en général un niveau de quelques dizaines de mètres dit "couches des Marmontains" : il est formé de schistes noirs avec des bancs de quartzites gris-verts. Au dessus de ce niveau les premières strates du flysch sont en général formées de gros bancs de grès qui se réduisent en épaisseur et s'espacent transitionnellement vers le haut..


La Pierra Menta et le refuge de Presset
Ce sommet, emblématique du massif (et qui a donné son nom à une course de ski-alpinisme fort réputée), n'est pourtant qu'une pointe secondaire sur la crête rocheuse principale du Beaufortain oriental. Il est entièrement sculpté dans les conglomérats de la base du flysch de Tarentaise.


On a pris l'habitude de répartir ces terrains entre deux ensembles appelés "unité de Moûtiers" et "unité du Roignais", mais il n'y a pas d'opposition franche de constitution entre elles (le variations au sein de l'ensemble anté-flysch se font plutôt au sein même de ces "unités", obliquement à leurs limites). En outre l'accident tectonique qui les sépare, considéré par les auteurs comme une surface de charriage injectée de gypses apparaît beaucoup plus comme une faille extensive (et/ou coulissante), tant en raison de son attitude très verticale que par son sens de rejet (qui semble être le plus souvent un abaissement du compartiment oriental) : dans les pages de ce site cette surface tectonique est en général identifiée à la "faille des Chapieux", qui est un accident bien caractérisé à la localité de ce nom mais dont la prolongation vers le sud est plus interprétative.

-- Dans l'unité de Moutiers les conglomérats néocrétacés reposent, au sud du torrent du Cormet d'Arèches, sur du Jurassique, surtout formé par un Lias calcaire souvent marbreux (marbre de Villette) surmonté de calcschistes du Dogger.
Au nord du torrent du Cormet d'Arèches ces calcschistes jurassiques sont localement envahis, eux aussi, de conglomérats (brèches à mégablocs du Grand Fond) ou manquent totalement. Les brèches néocrétacées reposent alors directement sur une succession d'affinités très briançonnaise, avec des carbonates du Trias moyen et un Permo-Trias siliceux (quartzites, Verrucano) comparable à celui de la Vanoise.
Du point de vue tectonique l'unité de Moutiers est affectée de plis plutôt redressés, voire légèrement déversés vers l'est, avec des lames gypseuses extravasées qui peuvent être interprétées comme des coeurs d'anticlinaux.

-- Dans l'unité du Roignais le substratum des conglomérats est très différent selon que l'on se trouve dans la partie externe (unité du Roignais proprement dite) ou dans sa partie interne (unité du Versoyen).
- a) Dans l'unité du Roignais proprement dite le substratum du flysch est comparable à celui de l'unité de Moutiers ;
- b) Dans l'unité du Versoyen, qui affleure surtout en rive gauche (orientale) de la vallée du torrent des Glaciers (secteur de Versoye, crête du Miravidi) le substratum du flysch serait représenté par des prasinites et des serpentinites connues sous le nom d' "ophiolites du Versoyen". Les conglomérats y font place à des calcaires massifs à lits bréchiques ou microbréchiques, qui sont séparés des ophiolites par un niveau (parfois épais de plus de 100 m) de schistes noirs argilitiques.

Du point de vue tectonique l'unité du Roignais était considéré comme fondamentalement constituée par les deux flancs superposés d'un vaste synclinal couché du Versoyen. Le flanc normal (inférieur) de ce pli isoclinal* constitue l'unité du Roignais proprement dite (qui a un soubassement de type briançonnais). Le flanc inverse (supérieur), était censé correspondre à l'unité du Versoyen (à soubassement ophiolitique). Toutefois l'on n'observe nulle part la charnière de ce pli dans la partie qui en est actuellement observable.
Ces deux successions, de polarités opposées, auraient elles-mêmes été reployées ensemble par des plis postérieurs, qui sont - quant à eux - simplement déversés vers l'ouest.

Voir, à la page "Versoyen", la coupe schématique de la zone valaisane au nord-ouest de Bourg-Saint-Maurice et les clichés montrant les relations des couches dans ce secteur.




Schéma interprétatif des déformations successives subies par la zone valaisane
au nord-ouest de Bourg-Saint-Maurice

1 = État originel avant la tectonique compressive (partie gauche = future unité du Roignais ; partie droite = future unité du Versoyen) ; 2 = formation du synclinal couché du Versoyen (s.V) ; 3 = Reploiement de l'unité du Roignais (u.R) et sectionnement de ses parties hautes par l'avancée chevauchante de l'unité du Petit Saint-Bernard (u.SB) et de celle du houiller briançonnais (z.hBr) ; 4 = fonctionnement à la fois extensif et coulissant des failles des Chapieux (f.Ch) et de la moyenne Tarentaise (f.mT).


Voir à ce sujet l'exposé relatif à la discussion récente concernant l'interprétation du Versoyen.


4 - Les unités à affinités briançonnaises se caractérisent par un puissant substratum de terrains houillers sur lequel les terrains mésozoïques sont souvent réduits à des lambeaux résiduels. La première de ces unités, ou "unité du Roc d'Enfer" dessine sur la carte, dans les pentes au nord de Bellentre, un chevron dont la branche orientale redescend vers la vallée à Bourg-Saint-Maurice. La raison de ce dessin est que, sur cette rive de la vallée au moins, sa surface de charriage est peu inclinée.

Elle l'est notamment moins que les plans axiaux des plis de l'unité du Roignais et sectionne franchement ces plis. Cette géométrie indique que le chevauchement de l'unité du Roc d'Enfer (et donc sans doute de l'ensemble de la nappe de la zone briançonnaise) s'est fait après le plissement de l'unité du Roignais et indépendamment de celui-ci.

Les unités valaisanes de la moyenne Tarentaise ont fait l'objet d'une étude globale relativement récente : voir P.ANTOINE, 1971 et P.ANTOINE, 1972.

Remarques finales :

a) Les limites entre les unités successives du Beaufortain oriental sont orientées à peu près N30, comme le sont aussi, en majorité, les plis qui en affectent les couches. Cette orientation est nettement plus méridienne que celle de la vallée de la moyenne Tarentaise (orientée environ NE-SW). Il en résulte que ces unités sont tranchées à tour de rôle par la coupe naturelle de la vallée et s'y succèdent, des plus externes aux plus internes, entre Moutiers et Bourg-Saint-Maurice. Cette disposition est due (selon l'auteur du site...) à une grande cassure, désignée ici du nom de "faille de la moyenne Tarentaise". Elle semble avoir joué à la fois en effondrement de son compartiment sud-oriental et en décrochement dextre.

Pour plus de détails sur cet aspect structural voir la page spéciale consacrée à la
faille de la moyenne Tarentaise

b) En outre les diverses bandes de terrain correspondant aux unités du Beaufortain oriental sont recoupées par plusieurs décrochements dextres d'orientation proche de NE-SW (ils n'ont pas été tracés sur les cartes géologiques, feuilles Bourg-Saint-Maurice et Moûtiers). Leur sens de rejet et leur orientation suggèrent qu'il s'agisse de cassures satellites de la faille de la moyenne Tarentaise.

Les principaux sont, du nord au sud :

- le décrochement de la basse Neuva (voir la page Chapieux)
- le décrochement de la Roche à Thomas (voir la page Roche à Thomas)
- le décrochement du Pradier (voir la page Montgirod - Sciaix)
auxquels s'ajoutent les deux décrochements mineurs, les plus méridionaux, de Pomblière et de Moûtiers (voir la page Hautecour) .

c) Enfin on est frappé par l'absence, sur cette transversale alpine, des unités charriées appartenant à la zone subbriançonnaise, qui sont pourtant bien représentées plus au sud entre celles du domaine briançonnais proprement dit et celles du domaine ultra-dauphinois. Les témoins de cette zone disparaissent en effet, par biseautage, du sud vers le nord, dans les chaînons situés immédiatement au sud de Moutiers (voir la section "Maurienne" et plus précisément la page Crève-Tête). Cette disparition des unités subbriançonnaises est donc due, pour l'auteur du présent site, à leur sectionnement par la faille de la moyenne Tarentaise, dont le jeu coulissant dextre a amené le domaine briançonnais en contact direct avec le faisceau des unité valaisanes.


 Megève - Val Montjoie

 Massif du Mont-Blanc

Beaufortain occidental

Vanoise


 accueil section MONT-BLANC

FIN DE PAGE

début de la page

Naviguer dans les localités du massif
Page d'accueil générale du
site
Dernières retouches apportées à cette page le 3/11/16