Mont Pécloz, 2197 m ; Mont d'Armenaz, 2158 m

le deuxième sommet des Bauges par son altitude

Ces deux sommets jumeaux sont assez différents d'aspect : alors que la montagne du Pécloz culmine par une pyramide calcaire qui est sculptée, pour l'essentiel, dans les bancs de l'Urgonien, celle d'Armenaz est formée par les calcaires argileux, stratigraphiquement sous-jacents, mais qui leur sont juxtaposés ici par suite du redressement des couches.

image sensible au survol et au clic

Le versant méridional du Pécloz, vu du sud-ouest, exactement dans l'axe du synclinal, depuis l'épaule de Beau Mollard (1961) sur l'arête nord de la Pointe des Arlicots.

a.A = repli anticlinal d'Armenaz ; s.P = synclinal du Pécloz. Les tirets bleus gras soulignent le niveau gréseux apto-albien. On voit que le flanc ouest du synclinal du Pécloz est affecté par une ondulation dont le repli synclinal correspond à un ancien graben, basculé à 90° vers la gauche.


Cette attitude des couches est due au fait que l'on se trouve ici au flanc oriental d'un grand pli couché, le "synclinal du Pécloz", visible dans les pentes en contrebas

image sensible au survol et au clic

Le versant septentrional du Pécloz, vu du nord, depuis le vallon d'Orgeval (écurie 1351).
a.O = anticlinal d'Orisan (charnière principale) ; s.Ch = repli synclinal de Chamosseran ; a.A = repli anticlinal d'Armenaz ; s.P = synclinal du Pécloz
Lorsque l'éclairage n'est pas en contre-jour on distingue mieux, dans l'abrupt du Mont d'Armenaz, la charnière de l'anticlinal d'Armenaz.


À ce pli fait suite un anticlinal d'Armenaz, dont la charnière se situe aux abords du sommet de la montagne d'Armenaz et au flanc oriental ("normal") duquel appartiennent les calcaires argileux de l'Hauterivien dans lesquels est entaillée la crête nord-orientale de la montagne, jusqu'à la Pointe de Chamosseran.
Cet anticlinal d'Armenaz n'est toutefois qu'un repli anticlinal secondaire du flanc ouest de l'anticlinorium d'Orisan (dont les replis ont un dessin en feuille de chêne*). La forme de sa charnière, simple à ce niveau, masque le fait qu'elle représente l'enveloppe d'une pile de replis que dessine, à la Roche Torse, le Tithonique sous-jacent, dans le versant sud-est de la montagne.



Deux coupes du secteur des sources du Chéran
en rive droite (en haut) et en rive gauche (en bas) du Chéran
(noter les replis dysharmoniques du Tithonique à la charnière du synclinal du Pécloz)
Commentaires relatifs au cadre structural de cette coupe

image sensible au survol et au clic

La cluse de Bellevaux et le val* jurassien de l'Arclusaz, vus d'avion, du sud-ouest, de l'aplomb du col du Potat.

s.A = synclinal de l'Arclusaz (nom local du synclinal de Serraval) ; s.P = synclinal du Pécloz ; a.O = anticlinal d'Orisan ; a.A = anticlinal d'Armenaz (repli du flanc ouest du pli précédent) .
Noter que tous les plis ont un plongement axial vers le nord (c'est-à-dire vers l'arrière gauche). La limite Sénonien - Nummulitique est indiquée en jaune.
Les alpages du vallon d'Arclusaz se développent sur le Sénonien du coeur du synclinal de l'Arclusaz, qui est un pli "droit*" (à plan axial subvertical), très ouvert (cf. page Arclusaz), mais dont le flanc oriental se renverse en dessinant le synclinal couché du Pécloz.
Alors que les abrupts de l'Encerclement appartiennent au flanc inverse de ce dernier pli, le Pécloz se situe à sa charnière (celle-ci est d'ailleurs affectée d'une ondulation anticlinale que met en évidence l'entaille transversale du ravin d'Armenaz et qui s'observe aussi dans l'Hauterivien et le Valanginien de la Pointe des Arces).

Au Pécloz le flanc nord de la montagne est assez largement garni par les petits bancs calcaires du Sénonien qui forment notamment l'arête ouest, presque jusqu'au sommet. Au sommet même les bancs d'Urgonien, déjà très redressés, se rebroussent au delà de la verticale, ébauchant sans doute le renversement qui est le leur sur la rive opposée de la gorge du Chéran, à la montagne de l'Encerclement.


Le Pécloz, face sud, vu du chalet pastoral d'Armenaz
Sous cet angle la perspective laisse mal percevoir le pendage sub-vertical des couches urgoniennes.
Les marno-calcaires à miches de l'Hauterivien supérieur déterminent le vallonnement qui monte au col 2010, alors que les calcaires argilo-siliceux lités de l'Hauterivien inférieur déterminent la butte plutôt arrondie de la montagne d'Armenaz.
La charnière qui redresse les couches du sommet est celle qui occasionne leur renversement plus au nord, en rive droite du Chéran, à la montagne de l'Encerclement (voir la coupe ci-après et le cliché qui lui fait suite) : elle marque le passage au flanc inverse de l'anticlinal d'Orisan.


 


cartes géologiques au 1/50.000° à consulter : feuille Albertville


légende des couleurs (nouvelle fenêtre)
Carte géologique très simplifiée
redessinée sur la base de la carte géologique d'ensemble des Alpes occidentales, du Léman à Digne, au 1/250.000°", par M.Gidon (1977), publication n° 074


Schéma structural cartographique des abords de la montagne d'Arclusaz

NB : L'axe du synclinal de Serraval passe au col d'Arclusaz, où il est désigné sous le nom local de synclinal d'Arclusaz.
La trace du plan axial du synclinal du Pécloz (tirets gris) traverse d'est en ouest, depuis la Roche Torse, le versant dominant l'Isère. Puis elle devient N-S de l'autre côté de la crête et dans le versant ouest du Pécloz.
Elle décrit en fait un grand "V topographique"* ouvert vers l'est. Ceci un dû au fait qu'il s'agit d'un pli couché dont le plan axial est faiblement penté vers l'est.



Mont de La Coche

Orgeval Chaurionde

Orisan
École LOCALITÉS VOISINES Combe de Savoie

Arclusaz

Crête des Arlicots

Roche Torse

accueil section Bauges

début de la page

sommaire de GEOL_ALP

Aller à la page d'accueil du site
Dernières retouches apportées à cette page le 10/02/17